cani-rando
historique
boutique
petites annonces
liens

HISTORIQUE

UN PEU D'HISTOIRE

“A u début, il a eu le loup ! » Affirment la plupart des spécialistes. En tout cas, c'est indéniable dans le cas du Husky*. D'ailleurs dans l'univers mushers, il existe, aujourd'hui encore, surtout dans les régions sub-polaires de l'Arctique, des légendes qui suggèrent que chiens et loups, au gré des rencontres et des escapades. Ont pu se rencontrer.

 

DU LOUP AU CHIEN

Dix mille ans avant notre ère, la domestication du chien avait déjà commencé. Mais, il faut, quand même, attendre le néolithique pour que les chiens intègrent véritablement le quotidien des hommes de la pierre polie. « N'oublions pas que le chien est le premier animal domestiqué par l'homme. Le site de Old Crow au Yukon montre l'existence de deux types de chiens, l'un petit, de la taille d'un terrier, l'autre plus imposant, de la taille d'un chien esquimau. Certains de ces vestiges pourraient dater de trente mille ans, suggérant que la domestication des chiens est bien plus ancienne qu'on ne le pense couramment », aime à rappeler Bernard Pépin de la Fédération française des sports de traîneau, ski-pulka et cross canins*.

Les fouilles archéologiques en Amérique du Nord nous offrent de bons renseignements sur l'utilisation des canidés. Des peintures rupestres illustres les liens privilégiés qui existaient entre eux et les hommes préhistoriques. Parfois, les plus fidèles étaient inhumés dans la sépulture de leur propriétaire.

Par ailleurs, de récentes découvertes conduisent à penser que les loups de Chine ou du Tibet sont les ascendants communs des chiens à demi domestiqués qui ont accompagné les premiers hommes. Il est probable que ces animaux jouèrent, avant tout, un rôle d'équarisseur naturel dans les campements avant de devenir des sentinelles donnant l'alerte, puis de passer à un emploi actif en participant aux chasses.

 

PREMIERS ATTELAGES

Quelques millénaires plus tard, les Inuit vivants dans l'Arctique attèlent des chiens lors de leurs migrations. L'adoption du chien comme animal de trait n'est que l'évolution d'une technique utilisée jusque là avec des rennes. Mais ces derniers avaient l'inconvénient de devoir paître, alors que les chiens se contentent des restes des voyageurs.

Selon Dominique Grandjean*, docteur vétérinaire, professeur à l'École nationale vétérinaire de Maison Alfort, vétérinaire de la fameuse course Iditarod* en Alaska et de la Grande Odyssée* en France, l'osmose, entre l'homme et le chien de traîneau dure depuis plus de quatre mille ans : « Pour l'aider au début dans ses tâches quotidiennes, puis pour progressivement contribuer à son plaisir de vivre, avant de commencer, au siècle dernier, à partager totalement ses loisirs. » 

Les traces les plus anciennes de l'utilisation de traîneaux à chiens par des tribus nomades, se trouvent en Sibérie, au nord du lac Baïkal. Dans ces territoires où l'hiver dure pratiquement toute l'année, la pénurie de nourriture a forcé les populations Chukchis à concevoir un moyen de transport rapide et fiable pour résister à de longs voyages dans les étendues neigeuses de la toundra comme sur la glace de la banquise. Au travers des siècles qui suivirent, l'art de la conduite des chiens de traîneau ne cessa de se développer chez les peuples sibériens. Particulièrement chez les Chukchis qui se sont sédentarisés sur les côtes de l'actuelle mer de Béring.

© flo et willy (apasdeloup)

Les tribus Samoyèdes, établies dans des régions moins hostiles, utilisèrent leurs chiens pour des activités plus polyvalentes : compagnon, gardien, berger, chasseur, défenseur, guerrier et bien sûr, chiens de traîneaux. «  Les Russes du Kamchatka estiment qu'il y avait environ cinquante mille chiens dans leur région dans les années 1930. Des courses de traîneaux y étaient organisées tous les hivers. Mais, dans les années soixante, les communistes, au pouvoir, découvrirent que les chiens consommaient dix millions de poissons. La détention de chiens fut interdite dans les villages, de même que la conservation du poisson pour les nourrir. A cela s'ajouta le commerce de la fourrure et en trente ans, le cheptel disparu presque complètement », poursuit Bernard Pépin.

 

LES OCCIDENTAUX DÉCOUVRENT LE TRAINEAU A CHIEN

Lorsque les explorateurs débarquent sur le continent Américain, les chiens font partie du quotidien des Indiens depuis de nombreux siècles. Si ceux des forêts et des montagnes possèdent en moyenne deux chiens par famille, on dénombre pas moins de quatre animaux par personnes chez les Esquimaux et les Indiens des Plaines. Les Indiens de l'Arctique et ceux des Plaines n'ont chacun que deux races. Les premiers élèvent le malamute et le chien Esquimau qui n'est autre que le Groenlandais*. Les seconds attèlent plutôt le chien Sioux dans le Dakota du sud et du Nord comme en amont du Missouri et le chien des Plaines. Mais, on peut admettre que face aux nécessités, les Indiens utilisent toutes races de chiens, de moyenne ou grande taille, bâtés ou comme bêtes de trait.

Les trappeurs franco-canadiens sont parmi les principaux européens à découvrir et à adopter les traîneaux comme mode de locomotion l'hiver, dès le XVII ème siècle. Deux siècles plus tard, les premiers explorateurs polaires, tels Fridtjof Nansen*, Robert Peary* ou Roald Amundsen* pour les conquêtes du pôle Nord et Sud, redécouvrent chez les Inuit l'utilisation des chiens et adoptent la technique, la considérant comme le seul moyen pour parvenir à leur fin.

Lors de la fameuse ruée vers l'or, au Canada puis en Alaska vers la fin du XIX ème siècle, le chien de traîneau devient l'auxiliaire le plus précieux des prospecteurs. Sans lui, il est impossible de se déplacer durant l'hiver. Grâce aux écrivains comme Jack London, il devient le véritable héros du Grand Nord. Malgré l'utilisation de milliers de chiens, de toutes races et de toutes origines mais le plus souvent bâtards, amenés de force par bateaux entiers comme bêtes de somme, le mythe n'a retenu que l'image des huskies, malamutes, groenlandais et autres samoyèdes pour leur force, leur beauté et leur intelligence.

© flo et willy (apasdeloup)

En Europe, les premiers Samoyèdes* sont importés en Grande Bretagne en 1899, plutôt comme animal de compagnie. L'attelage de chiens ne pénètre pas la culture montagnarde alpine. Le manque de grands espaces et un terrain de jeux trop accidenté sont certainement les causes de cet échec. En revanche, en Scandinavie l'utilisation systématique des attelages sur la neige est intégrée depuis longtemps. « Les Scandinaves adaptent très tôt, la pulka lapone tirée par un renne à la traction canine pour effectuer des sauvetages en montagne et pour la chasse.  Bien que possédant plusieurs races indigènes de chiens nordiques de taille petite et moyenne, ce sont généralement des Bergers Allemands et des chiens de chasse non nordiques qui sont utilisés, ces chiens étant mieux adaptés à ce type d'attelage, affirme Bernard Pépin. En résumé, la répartition géographique des chiens des quatre races reconnus par la Fédération cynologique internationale*, Husky Sibérien, Malamute, Samoyède et Esquimau du Groenland, ne représente qu'une faible partie de l'aire d'utilisation originelle des chiens de trait dans le monde. On ne peut oublier, sans commettre une grossière erreur historique, tous les autres chiens et leurs descendants utilisés par l'homme pour se déplacer et survivre dans un environnement hostile ».

LES PREMIÈRES COMPÉTITIONS

Il n'existe pratiquement pas de traces de courses d'attelages de chiens avant la fin du XIX e siècle. On peut néanmoins considérer qu'à cette époque et même bien avant, du Canada à la Laponie en passant par l'Alaska et la Sibérie, des rencontres locales de vitesse ou d'endurance devaient être organisées entre villages. Ce n'est véritablement qu'avec l'omniprésence des chiens en Alaska, après la fin de la ruée vers l'or, que l'idée d'une véritable épreuve, comme ils en existent depuis longtemps avec les chevaux, est née à Nome*, une petite ville de l'Alaska au bord de la mer de Béring. Le Nome Kennel Club*, le premier club de sport de traîneau du monde, est créé en 1907 pour organiser cette manifestation. Dans le règlement institué par le musher Scotty Allan*, deux règles existent toujours aujourd'hui dans toutes les compétions internationales : « Les chiens doivent être marqués au départ pour éviter des substitutions durant la compétition et tous les chiens attelés au départ doivent être à l'arrivée. » En avril 1908, le premier All Alaska Sweepstakes* a lieu sur 653 kilomètres. Vainqueur de la course, Scotty Allan, réalise le parcours en cent dix-neuf heures et quelques minutes.

Quelques semaines après l'évènement, William Goosak, un négociant russe en fourrures, arrive à Nome avec une meute de chiens nettement différents des chiens locaux, en taille, apparence et tempérament. Ce sont les premiers Huskies Sibériens qui arrivent chez l'Oncle Sam, avec lesquels John Johnson, gagnera la troisième édition du All Alaska Sweepstakes en soixante-quatorze heures et une poignée de minutes. Record jamais battu à ce jour.

 

DES AVENURES MAGNIFIQUES

C'est dans ces mêmes années, qui précèdent la première guerre mondiale, que deux hommes réussissent à vaincre les pôles. Le 6 avril 1909, l'américain Robert Edwin Peary* annonce avoir atteint le pôle Nord, après sept tentatives. Il est accompagné pour cette huitième expédition de vingt-quatre hommes, sur dix-neuf traîneaux tirés par cent trente-trois chiens. Le 14 décembre 1911 dans l'après-midi, l'explorateur Norvégien Roald Amundsen* arrive au pôle Sud en traîneau avec quatre de ses compatriotes un mois avant son ami anglais, Robert Falcon Scott*, qui meurt sur le chemin du retour pour ne pas avoir utilisé de chiens.

En janvier et février 1925, un évènement focalise toute l'Amérique sur les chiens de traîneaux et la petite ville de Nome avec le Serum Run *. Une vingtaine de mushers, qui ont pour nom, Leonhard Seppala*, Gunnar Kansen*, Wild Bill Shannon* ou Edgar Nollner* entre autres, traversent tout le territoire d'est en ouest, jour et nuit, en moins d'une semaine. A l'époque, sur les mêmes pistes, le courrier parcoure les 1084 kilomètres en un bon mois. Grâce à leur courage et à leurs chiens, ils livrent à temps un chargement de sérum antidiphtérique et sauvent la ville d'une épidémie foudroyante de Diphtérie.

Officiellement, les courses de chiens de traîneau sont rentrées aux Jeux Olympiques d'hiver de 1932 à Lake Placid, aux Etats-Unis comme sport de démonstration. Norman Vaughan* était déjà dans la sélection.

Le développement des compétitions

En Europe, les sports de traîneau ont pris de l'essor, surtout en Scandinavie dans les années trente. C'est en Norvège que le premier club apparaît en 1936, suivie de près par les autres pays scandinaves. « Il est à noter que jusque dans les années quatre-vingts, seuls les chiens de race, mais pas uniquement les races nordiques, y étaient autorisés en compétition. La quarantaine pour les chiens, qui a existé dans ces pays jusque dans les années quatre-vingt-dix, a été un frein important aux confrontations avec les pratiquants du reste du continent Européen », précise Bernard Pépin. Paul-Émile Victor* qui a ramené une meute de Groenlandais après sa traversée victorieuse du Groenland en 1937, rallie l'année suivante, Saint-Étienne-de-Tinée, près de Nice, à Chamonix par la haute route des Alpes avec un traîneau de sa conception. Les courses débutent véritablement dans les Alpes que dans le début des années soixante. Il faudra attendre février 1978 pour voir la première course organisée en France au col de la Schlucht, dans les Vosges, avec dix-sept équipages au départ.

Au fur et à mesure, les compétitions de chiens de traîneaux se sont amplifiées dans toutes les régions enneigées du Nord. Des clubs se sont montés pour organiser des courses sur le principe de « un club, une course », toujours en vigueur aujourd'hui. En 1966, l'International Sled Dog Racing Association* (ISDRA) est fondée en Amérique du Nord, pour réunir tous les clubs et tous les mushers du monde. En, 1973, un musher nommé Joe Redington, organise une course folle de plus de 2000 kilomètres, d'Anchorage à Nome, pour commémorer la sauvetage de la ville en 1925 par les mushers : l'Iditarod* qui depuis est devenu l'évènement de l'année, en Alaska.

En 1983, les clubs nationaux européens se réunissent au sein de l'European Sled Dog Racing Association* (ESDRA), qui propose en 1984 le premier championnat d'Europe à Saint Moritz, en Suisse. Durant l'été 1985, le Club français devient la Fédération française de pulka et de traîneau à chiens (FFPTC)*.

« En Europe et plus particulièrement en France, l'année 1986 marque un grand bouleversement dans les activités sportives de chiens de traîneau », explique le spécialiste de la FFST, « Afin d'éviter la fraude sur les origines des chiens, en particulier pour protéger les races reconnues par la FCI, l'ESDRA décide au cours de son Congrès de s'aligner sur le modèle nord américain et d'admettre tous les chiens, qu'ils soient de race ou pas. En France, comme dans tous les autres pays européens, en dehors de la Scandinavie qui était déjà ouverte à tous les chiens, un débat eut lieu et cette ouverture fut refusée. A la suite de cette décision, le Président et les deux tiers du Comité directeur démissionnèrent et tous les clubs de montagne quittèrent l'organisation pour former la Fédération Française des Sports de Traîneau et Ski Pulka (FFTP)* ».

Durant cette période huit éditions de l'Alpirod,- trop vite disparue- sont courues. « Ce fut indéniablement la plus belle course de chiens de traîneau jamais organisée sur terre », proclame nostalgique, Dominique Grandjean, « Deux semaines annuelles de rêves, à travers les plus beaux paysages des Alpes françaises, suisses, autrichiennes et italiennes, devant des milliers de spectateurs conquis par la beauté des chiens et fascinés par leurs effort partagés avec le musher. »

Dix ans après sa création la FFTP fusionne avec la Fédération Française de Cross Canins pour former la Fédération Française des Sports de Traîneau, Ski-Pulka et Cross Canins (FFST).

L'année 2005 voit enfin la, création d'une nouvelle grande course internationale : La Grande Odyssée*, entre la France, la Suisse et l'Italie à l'initiative de Henry Kam* et de Nicolas Vanier*.

© Réalisation : Editions Périodiques Vacances Nature pour Chiens & Traîneaux Magazine
Toute reproduction de textes, de vidéos et d'images sont interdites sans autorisation du site