FEDERATION: LES GRANDES COURSES
L'Iditarod Trail Sled Dog Race, la "dernière grande course" Les Indiens Athapascans nommaient leurs terrains de chasse, Haiditarod. A la fin du 19e siècle, les chercheurs d'or créèrent sur ces territoires une petite ville, qu'ils appelèrent Iditarod. Aujourd'hui, c'est une ville fantôme. En 1910, la Commission de routes de l'Alaska a tracé une piste entre le port de Seward et la ville de Nome, sous le même nom d'Iditarod. Quand en 1925, une épidémie de diphtérie menaça Nome. Le sérum nécessaire au sauvetage de la ville fut transporté, jour et nuit, au cour de l'hiver par vingt mushers qui formèrent des relais en traîneau à chiens. Ce fut le Serum Run qui ému toute l'Amérique. Les vingt équipages partis de Nenana à quelques kilomètres de Fairbanks à l'est de l'Alaska ont parcoururent, à un train d'enfer, mille quatre-vingt-quatre kilomètres en cinq jours, sept heures et trente minutes. Le courrier, lui aussi en traîneau à chiens, mettait à l'époque un mois pour effectuer le même trajet. A l'initiative de Joe Redington, un musher, cet événement historique est maintenant commémoré par l'Iditarod Trail Sled Dog Race , la plus célèbre et la plus dure des courses de chiens de traîneau du monde, surnommée, la Dernière Grande Course. A l'origine, en 1967, il ne s'agit que d'une petite course de deux jours sur quatre-vingt kilomètres que Joe et de Dorothy Page, une historienne de Wasilla, ont organisé pour célébrer le centième anniversaire du rachat de l'Alaska par les Etats-Unis. Joe Redington a débarqué en Alaska après la seconde guerre mondiale avec quelques dollars en poche. Il réussit rapidement dans le business du chien de traîneau. Passionné par les courses et par l'histoire de l'Alaska. Joe Redington récidive en 1973 en créant la course gigantesque que l'on connaît aujourd'hui. La première année, Joe réunit un petit plateau de trente-cinq participants assez téméraires pour prendre le départ à Anchorage. Ils sont seulement vingt-deux à l'arrivée à Nome, mille quarante-neuf miles (1687 Km) plus loin au nord-ouest. Joe Redington a voulu une course de mille miles, auxquels il a en ajouté quarante-neuf de plus pour symboliser l'Alaska, quarante-neuvième état de l'Union. Joe a choisit également un parcours dans le même esprit que celui tracé par Scotty Allan, pour l' All Alaska Sweepstakes en 1908 . Une épreuve où le musher est confronté à tous les terrains : plaine, forêt, montagne, lac, rivière, banquise, taïga, toundra... Et cela, par tous les temps, souvent médiocres, alternant entre tempête et blizzard avec un thermomètre qui chute régulièrement autour de cinquante degrés en dessous de zéro. Le quotidien d'un bon musher dans le bush depuis des siècles. Le vainqueur de la première édition fut Dick Wilmarth en vingt jours, quarante-neuf minutes et quarante et une secondes. Il empocha un prix de douze mille dollars. Trois ans plus tard, Emmitt Peters descendait le chrono à quatorze jours. Actuellement les gagnants mettent neuf jours pour atteindre Nome avec des attelages de seize chiens au maximum. La prime au vainqueur est elle, montée à cinquante mille dollars. Bien que la plupart des concurrents soient basés en Alaska, des participants de l'Iditarod viennent de tout les Etats-Unis et du Canada, d'Europe, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de Russie ou du Japon. Certains mushers, comme Jacques Philip en 1990, s'installent en Alaska pour mieux la préparer. Chaque année, la compétition commence à Anchorage sur la 4ème avenue, sous les yeux et les encouragements de plus de deux cents mille spectateurs, le premier samedi de mars. Il y a deux itinéraires possibles. Le début de la course passe par Wasilla, quartier général de l'Iditarod, puis file vers le nord-ouest par Rainy Pass, laisse le Mac Kinley sur la droite à Nikolai. Après McGrath, elle franchit les monts Kustokwim dont un col à deux mille deux cents mètres d'altitude pour rejoindre Ophir où la piste se sépare en deux, avant de se rejoindre à Kaltag. Les années impaires, les mushers courent vers le sud par Iditarod et Anvik puis remonte au nord sur la Yukon River pendant deux cent cinquante kilomètres. Les années paires, ils prennent la direction du nord pour rejoindre Ruby et suivre l'itinéraire de la caravane de sauvetage des mushers en 1925, par Galena et Nulato sur la Yukon River. Ensuite, la course rejoint Unalakleet au bord de la mer de Béring et pour des raisons de sécurité contourne le Norton Sound en suivant la côte par Koyuk jusqu'à Golovin. En 1925, Leonard Seppala, faisant confiance à Togo, son chien de tête, traversa directement sur la banquise pour gagner du temps contre la mort qui ouvrait à Nome. Il ne reste plus aux mushers que de passer par White Moutain et Safety et enfin de foncer sur Nome. Entre Anchorage et Nome, c'est une aventure sauvage dans une nature hostile à laquelle les coureurs sont confrontés. Même s'ils doivent obligatoirement pointer aux vingt-quatre points de contrôle, ils sont parfois espacés de plus de cent soixante kilomètres. C'est l'occasion de manger et de se reposer aussi bien pour les mushers que pour les chiens. Ces derniers sont également pris en charge par les vétérinaires de la course, seuls habilités à les laisser repartir. Pendant les deux semaines que dure la course toute l'actualité de l'Alaska et même des Etats-Unis est braquée sur l'Iditarod. A l'Iditarod, les hommes comme des femmes prennent part au défi. D'ailleurs en 1985, une jeune femme du nom de Libby Riddles l'emporte devant tous les hommes pour la première fois de l'histoire de cette course. Les années suivantes, une autre femme, Susan Butcher, élève de Joe Redington la remporte trois fois de suite et encore une fois en 1990. La légende est née, car si un musher comme Rick Swenson l'a gagnée lui aussi quatre fois, il n'a réussit que deux coup consécutifs en 1981 et 1982. Au moment même où le premier musher prend le départ à Anchorage, le Comité de course allume une lampe à pétrole de couleur rouge, qu'il accroche à l'arche de bois de l'arrivée à Nome. Elle reste allumée, jour et nuit, tant qu'un musher est encore sur la piste. Lorsque le dernier participant passe la ligne d'arrivée, sous les mêmes ferveurs des spectateurs que le champion de l'année, la tradition veut que cette fameuse lanterne rouge lui soit remise. Joe Redington est mort en juin 1999 à l'âge de 82 ans, après avoir maintes fois participés à la course sans jamais la gagner. L'âme du Père de l'Iditarod reste néanmoins présente sur la piste avec la présence de son petit-fils Ray Redington Jr dans la compétition. En mars 2007, ils étaient encore 82 à prendre le départ de la Dernière Grande Course de chiens de traîneaux. |