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ACTUALITÉS: LE MAGAZINE
 

La Grande Traversée du Vercors

L

e Vercors et principalement son Parc Naturel Régional, est aujourd'hui l'un des hauts lieux, en France, pour la pratique du traîneau à chiens. Ses plateaux, son relief nordique et ses grands espaces libres en font un terrain de jeux idéal pour découvrir cette pratique sportive et de loisir.

Au coeur de cette région, nous avons suivi les péripéties d'un petit groupe d'apprentis musher sur la Grande Traversée du Vercors

Mardi, tôt le matin, autour de la Maison de l'Aventure à La Chapelle-en-Vercors, sous l'oil attentif de Gil, responsable du gîte et coordinateur des activités nature, c'est l'agitation du départ pour une traversée sur les hauts plateaux du massif du Vercors en traîneau à chiens. Rien ne doit manquer pour ce raid en autonomie et c'est une véritable expédition qui se met en place avec les jeunes stagiaires de l'UCPA, tout frais sortis de deux jours d'apprentissage de conduite d'attelage. Les chiens hurlent de bon cour dans leur cage, chargées sur le plateau remorque. L'équipée prend la route de Vassieux, haut lieux de la Résistance, jusqu'au col de Rousset, véritable point de départ de l'aventure.

«  Métis, Simba, Kodiak, Nuage, Spoon, Mocassin.  », appelle William Rabasse, notre musher (conducteur de traîneau à chiens). Aussitôt, les chiens se lèvent, s'agitent, sautent, aboient. Ils savent que le départ est proche, que dans quelques minutes ils vont être attelés aux traîneaux et qu'ensuite se sera la course dans la neige ouatée. Mylène, Aude, Gyldas, David, Lionel, Catherine, Jennifer, Pascale et François, s'appliquent à passer les harnais aux chiens, avec parfois des gestes un peu gauches, et ensuite s'évertuent à les atteler par trois à leur traîneau.

«  Pour l'instant, trois c'est suffisant. Un attelage de six ou huit chiens est difficile à contrôler et ils ne sont pas encore de véritables mushers » , explique William en souriant. Un instant plus tard, ils s'élancent pour quatre jours de plaisir, hors du temps, dans une randonnée inoubliable.

Le Vercors est l'une des dernières régions sauvages de France. La pratique du traîneau à chiens a pris racine dès 1937 pour circuler lors des jours de tourmente. Dans les années cinquante, Gérald Taylor lance l'activité avec une meute de chiens polaires rapatriés de Terre Adélie en Antarctique. Il sillonne le Vercors en trouvant un itinéraire de traversée Nord Sud, aujourd'hui baptisé : GTV, la Grande Traversée du Vercors. Cent cinquante kilomètres qui sont aussi parcourus l'été par les randonneurs.

La matinée se passe en glissades fabuleuses, en chutent dans la neige, la température est idéale et les chiens montrent tout leur plaisir à courir et à tirer. Léger casse-croûte sur le bord de la piste au milieu d'une magnifique forêt de hêtres et de sapins. Gyldas en profite pour livrer ses premières impressions : «  L'activité ne semble pas accessible au départ. On est rapidement actif mais les chiens en savent plus que nous. Et finalement tout se passe bien en harmonie avec la nature à travers les bois et les prairies.  » Quelques sorties de piste et renversements de traîneaux dans la bonne humeur collective plus tard et le groupe arrive au refuge du col de Vassieux à 1360 mètres d'altitude. D'abord s'occuper des chiens. Dans un concert de jappements, les attacher en ligne une fois les harnais retirés. Puis, les soigner des bobos de la journée, leur donner à boire et à manger de la "viande de poisson" , une spécialité préparée à l'avance par notre musher. Le déchargement des attelages et l'installation dans le refuge pour la nuit se fait dans la bonne humeur. Puis couper du bois, faire du feu dans le vieux poêle qui ronfle rapidement. Ensuite, après la raclette improvisée dans le refuge, à la lueur des bougies, William nous raconte les chiens, les expéditions lointaines, la neige et le froid. Chacun y va de son heure de gloire de la journée et les bouteilles de Génépi et de vin de Savoie sont finies depuis longtemps quand no us rejoignons nos duvets.

Le soleil est encore au rendez-vous le jour suivant. Un peu trop chaud même au goût des chiens. Mais pas de temps à perdre, nous sommes là pour voyager avec les chiens, à travers les bois dans un silence seulement rompu par le crissement du traîneau. La journée est physique, nous longeons les crêtes de Font Payanne et nous traversons l'immense plateau sauvage des Gagères dans une ambiance Nordique. En fin journée nous arrivons à Font d'Urle. «  Le spectacle était fabuleux, depuis ce matin nous sommes transportés dans l'univers des trappeurs. J'ai lu les livres de Nicolas Vanier et de Jack London quand j'étais petite et il me semble retrouver la même ambiance. » savoure Mylène.

Jeudi, petit crachin. Nous partons quand même, direction : le cour de la forêt de Lente pour observer mouflons, cerfs, chevreuils... Mais le temps se dégrade, il fait froid, il neige et la visibilité devient nulle. William fait demi-tour. Vendredi, les conditions météo ne sont pas meilleures. Nouvelle tentative. Les heures passent. Le terrain est de plus en plus accidenté, Aude et Gyldas tombent de leurs traîneaux et les perdent dans le brouillard. William récupère les équipages pendant que se lève la tempête. Les conditions deviennent impossibles et nous obligent, hélas, de nouveau à retourner à Font d'Urle. L'équipe est quand même ravie, car pour cette dernière journée de raid, nous pouvions nous croire au fin fond de l'Alaska en compagnie de Jack London et de Croc Blanc. «  C'était un rêve  », confient Jennifer et Pascale, «  et c'est peut être la seule fois où nous pouvions le réaliser  ».

 
Pour en savoir plus:
le site de l'UCPA : www.ucpa.com
le site de la Maison de l'Aventure : www.maison-aventure.com
William Rabasse : Chien de Traîneau Vercors: www.chiendetraineauvercors.fr
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